INTERPRETATION D’ARCHITECTURE « A LA MANIERE DE » ….

Illustrateur et architecte à Barcelone Federico Babina combine avec succès ses deux métiers.

Dans cette série, ARCHIST CITY, il propose une interprétation de ce que pourrait être une création architecturale qui aurait été imaginée par Dali, Miro, Hirst, Mondrian ou autres grands peintres modernes et contemporains. C’est autant surprenant que ludique !

Ce mélange savant d’une incontestable réussite artistique avec sa passion pour l’art, continue à perpétrer avec succès son travail au travers du net… Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une réinterprétation imaginaire du langage plastique de chacun de ces artistes de premier plan : « relation symbiotique et partenariat implicite ».

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QUESTIONS POSÉES A ARTHUR DORVAL ARTISTE PEINTRE, A l’OCCASION DE SON ÉTONNANTE NOUVELLE EXPOSITION …

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Je sais combien  cette exposition est importante pour Arthur pour 2 raisons :

Tout d’abord parce que c’est la première fois que son père, Régis Dorval galeriste à Lille, lui consacre une exposition
personnelle ! Imaginons ce moment intense ou doivent se mêler les sentiments de crainte et d’émotion…

La deuxième raison est simple : c’est sans aucun doute son exposition la plus longuement préparée, la plus aboutie et
sans conteste la plus représentative de l’évolution de plus de 5 années!

J’avais déjà, au tout début de son travail géométrique, consacré un billet dans ce blog où j’y présentais ce nouveau et étonnant travail. J’étais déjà admiratif et
certain qu’il démarrait alors une aventure artistique qui serait couronnée de succès…

Cette exposition « Eclosions Géométriques » en est la preuve évidente. Mieux encore elle dépasse ce que je pensais au
départ. Tout au moins je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse présenter une exposition d’une telle puissance à seulement… 26 ans ! C’est l’œuvre d’un grand.

Chapeau bas !

C’est attablés au fond d’un café du Vieux-Lille que nous avons réalisé tranquillement ce petit « questions-réponses »
:

 

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La Fondation Demeures du Nord : Je me souviens de votre toute première exposition… C’était je
crois en fin 2010 n’est-ce pas ? Quel succès depuis !

Depuis, quel aura été votre parcours en terme d’expositions?

 

Arthur Dorval : Hormis ma présence chaque année au Salon Lille ART FAIR, j’ai eu la chance d’exposer dans de très belles galeries, à Le Touquet,
à Liège, à Knokke Le Zoute, et depuis peu j’expose à la Galerie Baczyk – De Souter à Cannes !

 

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FDDN : Vos premières compositions abstraites étaient très rigoureuses et possédaient une identité très forte tout
juste pondérée par des inventions dans le jeu des couleurs et le jeu des formes ouvertes qui répondent aux formes refermées… Ont –elles beaucoup évolué en près de 5 années ?

AD : Oui, elles ont
évoluées, mais sans jamais quitter leur racine. Les « Eclosions Géométriques » sont à présent devenues plus fines et plus complexes.

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FDDN : On dirait que ces formes géométriques proches de certains Origami japonais s’imposent comme une nécessité
dans votre œuvre …

Pourquoi ce choix de l’abstraction géométrique ? 

AD : Ce ne fut pas
vraiment un choix.

Comme un déclic, le goût pour la maquette et l’envie de travailler la couleur m’ont définitivement mis sur le bon
chemin. Les « Eclosions Géométriques » sont nées ensuite et n’ont jamais cessé d’évoluer. C’est un principe de construction et d’équilibre très riche qui peut s’interpréter à
l’infini.

 

FDDN : Justement, quels ont été les artistes que vous avez admirés ou admirez encore ?

AD : J’ai toujours
été fou devant les peintures d’Auguste Herbin, de Victor Vasarely, Yvaral, Geneviève Claisse ou différemment les œuvres lyriques de Paul Jenkins. J’ai eu la chance de vivre toute ma jeunesse
entouré de ces œuvres d’exception !

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FDDN : Vous exposez pour la première fois un nouveau travail basé sur les superpositions du verre et de l’œuvre.
Pouvez-vous nous en expliquer le principe, tout au moins le résultat recherché ?

AD : Oui !
C’est un travail minutieux qui consiste à faire interagir plusieurs éléments (découpés et peints) entre eux sur plusieurs niveaux.

Certaines pièces sont pincées entre 2 verres optiques en amont du sujet, qui, dans une caisse sombre, génère une
illusion de volume… Ces morceaux pincés y flottent à l’intérieur du cadre grâce au verre antireflet.

Je suis très content d’offrir un horizon supplémentaire à mon travail…

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FDDN : Vous êtes le fils d’un célèbre Galeriste Lillois qui va pour la première fois exposer vos œuvres… Il vous
adresse un magnifique compliment  sur le carton d’invitation. Doit-on parler de trac ou d’émotion ?

AD :  Du trac : Oui !

De l’émotion : Oui !

En tout cas, un beau défi ! 

 

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DETAIL D’UNE TOILE

 

 

EXPOSITION ARTHUR DORVAL

« Eclosions Géométriques »

19 décembre 2013 au 31 janvier 2014

Galerie Dorval

27 Bd de la Liberté Lille

03.20.54.90.05

 

 

 

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EUGENE DODEIGNE : L’EXCEPTIONNELLE EXPOSITION « CORPS A DECOUVERT »…


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« Les fusains établissent des liens et des rapports que l’artiste ne dément pas ; le travail du visage, les cernes ne sont pas des motifs qui transforment le
modèle en tête d’expression, ce sont davantage des recherches par le trait tournoyant autour du corps qui n’aboutissent pas du tout au même résultat, ni aux mêmes interrogations…
»  

 Extrait de la  présentation officielle de l’ Exposition Eugène Dodeigne, du 20 septembre au 7 décembre 2008, au
Musée d’Art Moderne de Lille Métropole.

 

Le Grand Sculpteur Eugène Dodeigne est né le 27 juillet 1923, il est Membre de l’Académie des
Beaux-Arts.

Agé de 90 ans, Dodeigne qui vit à Bondues, n’est pas qu’un artiste du Nord : Il est avant tout un immense
artiste international !

Il occupe une place importante dans l’histoire de l’art et de la sculpture. De nombreuses expositions en
France et à l’étranger le prouvent et ses œuvres, souvent monumentales, figurent dans de nombreuses collections publiques et privées (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, France, Etats-Unis,
Suisse…).

 


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Vous connaissez sans doute ces incontournables sculptures de Dodeigne en pierre de Soignies, Place de la République, à l’angle du boulevard Vauban et de
l’esplanade, ou encore dans les jardins du Palais des Beaux-arts, ou du LAM…

Mais peut-être connaissez-vous moins son magnifique travail de fusains ou de peintures…
Et pourtant. « Ses papiers et ses toiles » possèdent une étonnante vitalité, au travers de ses corps
représentés, dans leurs contorsions, leurs déchirures, leur sensualité, leur érotisme même. C’est peut-être aussi la souffrance des corps qui dégage une aussi incroyable énergie !


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Dans ses dessins, ses peintures, j’y vois aussi une singulière forme d’académisme, au point que ces œuvres
n’ont aucunement besoin de s’inscrire  au travers d’une époque. Elles sont ou seront pour cela, libérées du carcan d’un siècle ou d’un mouvement ! Elles seront tout simplement éternellement
jeunes et actuelles, classiques et émouvantes…

Peut-être une suite logique à ses sculptures …?


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Cette magnifique exposition présente une exceptionnelle collection de ses dessins au fusain et
peintures !

Elle est présentée à La galerie Dorval
27 bld Liberté LILLE
Tel 03.20.54.90.05
Ouvertures : du mardi au samedi – 11h/12h30 – 15h/19h

 

 

www.demeuresdunord.com

Facebook/Demeures du Nord

EXPOSITION FERAUD / KIJNO : TRES INEDITE …

 

Petit entretien avec Régis Dorval, veille d’inauguration de cette
importante exposition/vente  à Lille:

 


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Demeures du Nord :  Pourquoi cette exposition entre un sculpteur et un peintre ?

Régis Dorval : Cette exposition inattendue est née d’une amitié qui depuis 50 ans fut
indéfectible entre Jean Bertho, ancien grand journaliste et homme de TV « (cinq colonnes à la une », lectures pour tous », Sérieux s’abstenir « , le sculpteur Albert Féraud et le peintre Ladislas
Kijno.

L’idée de présenter l’essentiel de la collection dans une galerie revient au collectionneur, soucieux
de présenter et préserver 50 ans de passion, de visites d’ateliers, de galeries et de musées.

Nous sommes très heureux du choix de notre galerie pour diffuser ces œuvres que nous apprécions aussi,
présentées avec soin et qui nous donne l’occasion aussi, de célébrer des artistes que nous aimons particulièrement.

 

 

DDN :  Maintenant que vous présentez ces œuvres en symbiose dans votre galerie, y voyez-vous
certaines similitudes dans la démarche, la personnalité, voir même une spiritualité proche l’une de l’autre ?     

RD : Incontestablement ! Ces deux artistes  de la même génération liés par une
grande amitié, ont quelquefois travaillé à « quatre mains », Féraud enchâssant  des œuvres de Kijno (sculptures ou quelquefois peintures) dans ses délirants et incroyables carcans d’acier
inox.
 

 

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DDN : Ces œuvres sont de quelle époque ? Que représentent ces 2 artistes dans l’Histoire de l’Art
?

RD: Cette collection reprend (notamment pour Kijno) des œuvres de 1960 à 2005 avec de
nombreux tableaux des années 1970.

 Kijno et Féraud sont deux acteurs importants de l’histoire de l’art de la seconde moitié du 20ème
siècle.

Kijno fit sa première grande exposition en 1958 au musée Picasso d’Antibes soutenu par ce dernier. Il
fut remarqué par Henri Bénézit qui lui ouvrit les portes de sa galerie parisienne et par la suite par d’autres galeries internationales.

Pour mémoire, il représenta aussi en 1980 la France à la Biennale de Venise, et entre autre, plus près
de nous, réalisa à la fin des années 90 la grande rosace de Notre dame de la Treille à Lille.

Albert Féraud, Premier grand prix de Rome des Beaux-Arts de Paris en 1953 construisit une oeuvre
singulière et attachante à base d’acier inox de récupération. Son travail inspira nombre d’artistes dont le sculpteur César (la patchoulette entre autres).

De grandes réalisations intégrées à l’urbanisme l’ont rendu célèbre ; la plus marquante étant une
sculpture de 17 mètres de long, (Hommage au maréchal Koenig), une commande de la ville de Paris pour la porte Maillot dans les années 1990.

Il fut élu membre de l’Académie des Beaux-Arts, le 1er mars 1989.

 

   
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DDN : Ces grands artistes du 20ème siècle furent véritablement d’avant garde… Considérez-vous que
leurs œuvres sont encore tout aussi avant-gardistes aujourd’hui ? Particulièrement par rapport au travail des principaux acteurs de l’art
actuel…                                                                                                                               

   RD : L’histoire de l’art n’est qu’une succession d’avant gardes
!

« Un nain monté sur les épaules d’un géant voit plus loin que le géant lui-même » disait
Pascal.

Les meilleurs artistes de chaque époque sont indémodables et le temps n’a pas de prise sur l’émotion
que procurent leurs œuvres !

 
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LA GRANDE RETROSPECTIVE CONSACREE A KEITH HARING …

Il est vrai que ce célèbre artiste fut fortement controversé…
 


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Certaines de mes connaissances, parfois issues du « monde de l’Art », s’opposent totalement au fait que
l’on puisse donner autant de reconnaissance à un artiste qui n’a fait qu’exploiter un style de graffitis parfois trop répétitif , trop facile, et dont la célébrité pourrait être due en grande
partie à sa mort à l’âge de 31 ans…

D’autres adorent ses célèbres pictogrammes, simples, vivants et très expressifs…

On aime / On n’aime pas. Comme tout !


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De toutes manières, il faut admettre que ce virtuose du dessin est l’un des plus emblématiques représentant du Pop Art. Il
voulut en démocratiser son travail en le diffusant autant sur un T Shirt que sur une immense toile !

Admettre aussi que son travail d’une dizaine d’années déboucha sur l’une des œuvres les plus
reconnaissables, d’une identité rare.


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Parlons de lui :

À 18 ans, Keith Haring (né aux USA) entreprend des études de graphisme commercial à Pittsburgh puis
continue à l’école des Arts visuels de New York. C’est un touche à tout : collage, peinture, installations, vidéo, et dessin ! Son mentor n’était personne d’autre que Andy Warhol !

« En utilisant délibérément la rue et les espaces publics pour s’adresser au plus grand nombre, il n’a
cessé de lutter contre le racisme, toutes sortes d’injustice et de violence, notamment l’Apartheid en Afrique du sud, la menace nucléaire, la destruction de l’environnement, l’homophobie et
l’épidémie du sida (dont il est mort non sans avoir créé une fondation caritative au profit de la lutte contre la maladie). » (document MAM de PARIS)

Le style Haring, c’est la répétition infinie de formes synthétiques soulignées de noir avec des couleurs
vives, éclairantes sur différents supports. Ses « dessins » dynamiques, toujours en mouvement, ne cachent que très rarement le caractère politique qui fut la trame essentielle de son
œuvre.


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Personnellement, même si je m’interroge parfois sur son œuvre, je ne peux pas y rester insensible. Car elle
reste aussi le reflet d’une époque où  des artistes comme lui ou  Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg,  avaient embrasé le monde d’une «
nouvelle écriture » peut-être plus proche de la société qui consomme, en tout cas d’une volonté graphique en réussite avec une plus large adhésion du grand public !

L’exposition :

Elle est déjà exceptionnelle de par la densité des œuvres présentées !
Avec près de 250 œuvres réalisées sur toile, sur bâche ou dans le métro, – dont une quinzaine de grands
formats seront exposés au CENTQUATRE, cette exposition est l’une des plus importantes jamais réalisées sur cet artiste.

Expo Keith Haring / The Political Line
DATE : Jusqu’au au mercredi 28 août 2013

LIEU : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (Paris 75116)

HORAIRE : Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

TARIF : Tarifs Plein tarif : 11€ Tarif réduit : 8€

 

VIDEO SUR L’EXPO SUR    https://www.facebook.com/pages/Demeures-Du-Nord/402551486480700

 

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DISPARITION DE L’IMMENSE PEINTRE FRANCO-CHINOIS : ZAO WOU-KI …


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Décédé ce 9 avril à l’âge de 93 ans, Zao Wou-Ki laissera une œuvre considérable et d’une valeur inestimable ! Une œuvre des plus
importantes de l’art moderne !

Il fut l’un des Maîtres de l’abstraction lyrique dont toute la délicatesse de la chromatique issue sans
doute de la tradition chinoise, rendit à ses œuvres une reconnaissance rarement égalée !


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Installé à Paris dans les années 40, il prit la nationalité française en 1964.
 Zao Wou-ki a vécu dans le quartier de Montparnasse, et a fréquenté les grands peintres parisiens, de
Picasso à Matisse, et était l’ami de Soulages, autre Maître de l’abstraction lyrique.

Il faut connaître son œuvre, tout au moins en découvrir pour ceux qui ne la connaissent pas, toute la force
presque cosmique, au travers du foisonnement des couleurs, de l’élégance des gestes, baignés par l’incroyable lumière propre à chacun de ses tableaux monumentaux !


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Lorsque je regardais certains de ses tableaux, j’évoquais souvent naïvement ce que j’appelle « des paysages abstraits… » Mais il ne
s’agissait pas pour moi de paysages tels qu’on les connait, mais de paysages secrets, sidéraux, peut-être inventés, mais en tout cas des « endroits » tout proches de l’infini !


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Admirable énergie !  

 

 

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QUAND KIJNO SE LAISSA PRENDRE AU JEU DU QUESTIONNAIRE DE PROUST …

Quelques semaines après la mort de l’artiste, le journal LA CROIX DU NORD a publié à nouveau ce précieux
document qui reste d’une grande actualité !

Merci à Marie-Elizabeth Bogucki, la journaliste qui avait recueilli ce témoignage voilà déjà 15 ans, d’avoir
retrouvé ces pages !

Impressionnantes réponses aux questions, qui se transforment parfois en de longs monologues…
Le ton est parfois grave, poétique, amusant, et frôle parfois la colère Tout au moins l’indignation !
Un texte singulier à l’image de ce qu’il fut toujours : franc et loyal !! 

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 « Questionnaire de Proust » avec Ladislas Kino

L’an prochain, c’est chose certaine la cathédrale Notre-Dame de la Treille, église mère du Diocèse de Lille,
sera enfin dotée d’une façade digne de ce nom… Et c’est le peintre contemporain Ladislas Kijno, qui a été choisi pour en dessiner la rosace.

Né en 1921 à Varsovie d’un père polonais et d’une mère française, Kijno passera son enfance dans le bassin
minier du Pas-de-Calais. Après des études à Arras, il suivra des cours de philosophie à la Faculté Catholique de Lille. Mais c’est finalement la voie de la peinture qu’il choisira.

Parmi ses plus grandes réalisations : « La Cène » pour l’église d’Assy, les 30 stèles monumentales pour la
biennale de Venise où il représenta la France en 1980…

Toujours à la recherche du sens du sacré dans l’Art, ses nombreux voyages à l’étranger –Chine, Japon, Ile de
Pâque, Polynésie, etc.- sont parmi les principales sources de son inspiration.

 

Votre rêve ?

Vivre définitivement en Polynésie pour cueillir, à bout de bras, les mangues dans la journée et les étoiles dans
la nuit.

Mourir à l’île de Pâques.
Jouer dans un quatuor à cordes avec Einstein.
Etre le souffleur de Molière.
Coiffeur de la Joconde.
Une pensée de Pascal.
Voler de fleur en fleur comme les papillons bleus.
Faire le trajet, avec les oiseaux migrateurs, du Groënland au Tchad.
Organiser, au Champs Elysées, un défilé de peintre et d’artiste le 29 juillet, jour de la mort de Van
Gogh.

Que la poésie inonde le monde en un énorme déluge comme au temps de Noé.

Qu’est-ce qui vous agace ?

Toujours les critiques d’avant-garde à la Biennale de Venise et à la « Documenta » de Kassel.
Le bruit du métal qui grince sur un morceau de verre ou celui de certains tissus qu’on déchire.
Etre obligé de faire de l’exercice physique.
Ma grande gueule, disons plutôt ma forte voix, mon débit professoral qui en agace plus d’un, quoique je pense
que dans les poubelles de mes paroles, on peut trouver, quelquefois, si l’on fait bien attention, une petite perle qui ne manque pas d’intérêt.

Les gens qui n’ont que le CAC 40 à la bouche et l’argus des tableaux à la main.
La fausse modestie.
Le coloriage des films en noir et blanc.
Les signes extérieurs de richesse.
La langue de bois.
Tout le temps que je consacre à des futilités alors qu’il n’y a pas une minute à perdre. C’est court la vie d’un
homme ! C’est très très court la vie d’un peintre !

Qu’est-ce qui vous fait rire ?

Les critiques d’avant-garde à la Biennale de Venise et à la « Documenta » de Kassel.
Les réponses des enfants de 3 à 5 ans. Exemple : au moment de la mort de Cousteau, un petit gamin répond à un
journaliste qui lui demandait s’il savait qui était le commandant Cousteau : « Oui, oui, je le sais, c’est le monsieur qui met un chapeau rouge pour ne pas attraper de coups de soleil quand il
nage dans la mer avec une bouteille de gaz…. »

Laurel et Hardy.
Coluche, Popeck.
Fernand Raynaud (surtout « Le défilé militaire » et « pourquoi tu tousses, tonton ? »).
Pierre Dac et Francis Blanche dans l’inénarrable sketch du fakir : « Votre Sérénité peut le dire ? »
Les Deschiens.
Les histoires de Cafougnette quand elles sont racontées par un vieux mineur qui connaît bien le patois.

Qu’est-ce qui vous fait peur ?

Les armes biologiques, chimiques et nucléaires. Les Charniers.
La capacité pour notre planète de s’autodétruire. Le savoir qui devient pouvoir.
L’utilisation d’internet par des fascistes, des obsédés, des sadiques et des pervers en tous genres.
Que 1.260 milliards de dollars changent de mains tous les jours pendant que des millions de gens crèvent de faim
ou sont au chômage. Les deux à la fois, bien souvent.

L’intolérance, la violence, toutes les formes d’intégrisme, en particulier quand la religion est utilisée comme
otage de la politique.

La pollution.
L’absence d’humour.
La technologie qui se développe à une vitesse démentielle alors que l’humanité piétine ou, bien souvent,
recule.

Ce qui se passe à nouveau entre la Palestine et Israël, alors qu’il y avait tant d’espoir.
Le sida.


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Qu’est-ce qui vous émeut
?

Les interminables files de malheureux au Rwanda et au Burundi avec cette ribambelle de pauvres gosses
squelettiques autour desquels tournent les mouches.

La modestie des grands chercheurs.
Les vieilles personnes seules dans une piaule au 5ème étage sans ascenseur.
Un clochard devant une vitrine de charcuterie à 12h30.
Les fleurs sur les tombes vraies ou artificielles.
La voix de Barbara Hendricks.
« Le dormeur du val » de Rimbaud
Charlot.
Les jeunes aveugles que je vois passer devant mon atelier et à qui on apprend à se servir d’une canne
blanche.

Le premier oiseau qui chante à la fin de la nuit.
Les gens timides.
Ces inconnus à la gare de l’Est, avec leurs lourdes valises mal ficelées : ils regardent des panneaux
indicateurs qu’ils ne comprennent pas.

L’émotion elle-même.

Qui (ou quoi) d’autre auriez-vous aimé être ?

Peintre de Lascaux.
Broyeur de couleurs pour Piero della Francesca.
Magicien, prestidigitateur, faire sortir des colombes de mon chapeau.
L’orgue de Bach, le clavier de Chopin.
La petite voiture qui se balade sur Mars.
L’auteur du « Cantique des Cantiques ».
Figure de proue du navire de Jean Bart.
Orfèvre de Toutankhâmon.
L’appareil photographique de Nadar.
Assistant de Fellini.
Et, ce qui n’étonnera pas mes amis, prof de philo à Aix-en-Provence.

Diriez-vous que vous avez réussi votre vie ?

Pas du tout. Je ne suis pas une mayonnaise.

Votre passe-temps préféré ?

Lire les formes dans les nuages.
Traduire le Nouveau Testament du grec en latin et inversement.
Consulter des dictionnaires en tous genres.
Jardiner. Et puis, surtout, peindre, peindre, toujours peindre.

La blague que vous n’avez jamais osé faire ?

C’était en 1989, à l’atelier des Tropiques du Musée Gauguin de Tahiti, où le directeur Gilles Artur m’avait
invité. Le jour tombait rapidement et je dessinais les magnifiques feuilles à longs doigts de l’arbre à pain qui avaient tant inspiré Gauguin dans les paréos de ses vahinés et Matisse dans ses
collages. Un inconnu s’approcha doucement de moi et me dit : « Vous êtes bien le fils de Gauguin ? ». J’ai appris par la suite que quelqu’un de mon entourage le lui avait fait croire. J’avoue que
pendant un dixième de seconde, j’ai failli répondre « oui ».


exposition Cannes - Kijno
Votre plus grand regret
?

Ne pas avoir assisté à la prise de la Bastille.
Que ce magnifique sacerdoce qu’est la peinture, tel que nous le concevions aussitôt après la guerre 40, soit
devenu ce répugnant marigot de la spéculation, où les collectionneurs se baladent sur les autoroutes de l’art, avec la cote des tableaux comme aide-mémoire et 40 malins dans le monde qui tirent
les ficelles, en s’en mettant plein les poches.

Votre plus grande fierté ?

Ne pas être tombé dans le piège de cette spéculation dont je parlais précédemment.
Mon père : patriote polonais, Premier prix de violon au Conservatoire de Varsovie, déporté en Sibérie par les
Tsaristes, évadé, mineur dans le Pas-de-Calais, émigré au Canada, gardant l’espoir malgré tout. Je me demande si, psychanalytiquement, je n’ai pas, en quelque sorte, réalisé la vocation
artistique qui avait été son rêve à lui.

Avoir milité avec Angela Davis. Mon amitié avec elle depuis plus de vingt ans.
Ayant traîné mes godasses dans les ruisseaux des corons, qu’on m’ait proposé d’entrer à l’Institut ; ce que j’ai
refusé, ne m’en sentant pas la vocation.

Avoir peint, en 1950, « La cène » de l’église d’Assy, pour le chanoine Devêmy et le Père Couturier ; et réalisé,
en 1997, la rosace de la Cathédrale de Lille, pour Monseigneur Vilnet.

Votre plus grosse gaffe ?

Je ne suis pas, je crois, un gaffeur professionnel. Je gafferais plutôt par excès de tempérament, ce que
j’appelle mon « effet volcan ». Mais, s’il fallait en trouver véritablement une : j’ai fait, en 1957, une terrible gaffe pour mon avenir de peintre, en foutant à la porte un très important
marchand de tableaux américain qui m’offrait un mirifique contrat d’exclusivité : ce n’était pas ma conception de l’art. Il m’a dit : « J’espère que vous ne le regretterez pas ». Je ne l’ai
jamais regretté, mais j’ai l’impression que, lui, ne l’a jamais oublié.

Votre plus grosse colère ?

Je n’ai pas une nature colérique. Simplement, quand je travaille en équipe, par exemple actuellement pour la
rosace de la cathédrale de Lille, il m’arrive de hurler pour redresser la barre. On ne peut pas appeler cela des colères, tout au plus des coups de vent force 9. Cependant, une chose a failli me
mettre véritablement en colère : pendant un débat à la télévision, sur l’OTAN, un des participants, à propos des fantassins de l’armée, a parlé froidement de « manière militaire immédiatement
consommable » (sic).

Quelle trace aimeriez-vous laisser derrière vous ?

Ce n’est pas du tout dans ma démarche de prétendre laisser des traces. Simplement peut-être quelques signes,
quelques hiéroglyphes furtifs, comme les étoiles filantes dans une nuit du mois d’août. Je n’ai malheureusement pas le génie de Rimbaud pour laisser sur la terre et dans le ciel les traces de «
l’homme aux semelles de vent » dont parlait Verlaine.

Votre livre, votre film de l’année ?

Celui de Jean-Pierre Mohen, sur les rites de l’au-delà et l’Hermès défenestré de Salah Stétié. En fait, je ne
lis pratiquement plus, je relis : Rimbaud, mon livre de chevet, et, tout récemment, « Les mémoires d’un touriste » de Stendhal, curieux tour de France, qui n’a pas pris une ride.

Quant aux films, c’est comme pour les livres. Je revois. Ai donc revu avec beaucoup d’émotion la Jeanne d’Arc de
Dreyer, avec Falconetti.

Récemment, qu’est-ce qui vous a le plus révolté ?
Qu’est-ce qui vous a, au contraire, le plus satisfait ?

Les massacres en Algérie. Les génocides. Ces milliers de gens dans le monde, traités moins bien que des bêtes,
ce qui ne nous empêche pas de manger quand nous voyons tout cela à la télévision.

Les attaques contre les Droits de l’Homme. Le racisme, la xénophobie, le nationalisme borné.
La tête en carton de Madame Trautmann présentée sur un plat, sans que nous descendions dans la rue.
Les chômeurs, Vilvoorde, les sans-papiers, les sans-logis, les enfants dont on abuse, qu’on viole, ceux qui
n’ont pas les moyens de manger à la cantine pendant que l’argent tourne à vide sur toutes les places boursières du monde !

Les négationnistes. Le climat malsain créé par les attaques pernicieuses contre la Résistance
française.

Je n’en finis pas de me révolter !
Par contre, ce qui m’a le plus satisfait ces temps derniers, c’est la lutte inlassable, bénévole, de certains
homme, de certaines femme –surtout des femmes- pour la liberté et la dignité de notre planète. Chez les hommes, je ne veux pas manquer de citer Théodore Monod, à 95 ans, prophète du désert et de
la paix, marcheur d’amour. J’ai aussi été très satisfait par la plus grande présence des femmes dans la politique, aux dernières élections.

Le combat où la cause qui vous tient le plus à cœur ?

Le combat de toutes ces personnes dont je viens de parler et auquel j’essaie de m’associer le plus étroitement
possible. Hélas, je vieillis et mes forces faiblissent.

Je tiens aussi, en particulier pour la France et l’Europe, à la cause de la culture et de la connaissance pour
tout le monde, jusqu’aux plus démunis ; sans exception. Un dictionnaire par citoyen. Gauguin dans nos assiettes et Rimbaud dans nos verres ! Avec, c’est évident, un toit, un métier et de quoi
manger tous les jours. Il faudrait ajouter Mozart dans nos usines. Et je voudrais signaler à ce propos le passionnant travail de Jean-Claude Casadesus, avec son orchestre de Lille, pour faire
pénétrer la musique (et de quelle qualité !) des plus hauts lieux du monde jusqu’à la prison de Loos.

Les personnes qui vous ont le plus marqué ?

Il y en a tant. Je suis honteux de faire un choix, mais puisque j’ai accepté de répondre à ce questionnaire
:

Mon père polonais et ma mère française (née à Barlin, près de Béthune) dans leur étonnante aventure
d’émigrés.

Ma femme, hôtesse de l’air rescapée d’un accident d’avion, et qui tient ma vie à bout de bras.
Sur le plan de la création : Germaine Richier, pour moi un des plus grands sculpteurs du monde, sans qui je ne
serais pas ce que je suis.

Paul Gauguin, surtout avec son mystérieux tableau : « D’où venons-nous, que sommes-nous, où allons-nous ?
»

Sur le plan philosophique, métaphysique que je n’ai jamais quitté : l’abbé Wancourt, mon professeur de
philosophie à « La Catho » de Lille pendant la guerre, Jean Grenier, Gabriel Marcel et Nikos Kazantzaki.

 

L’OEUVRE DE SAM : COMME UN PHENOMENE SINGULIER DANS L’ART MODERNE …


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J’aime ces œuvres contemporaines dont les détails par centaines, presque microscopiques, aboutissent à une globalité picturale d’une beauté quasiment  abstraite !

Je pense que l’œuvre de Sam Appourchaux  fait justement partie de celles qui se regardent de loin pour la qualité globale de son
unité plastique
, mais nous attire pour nous en approcher et en capturer de près les détails 
parfois surprenants, drôles
aussi, voir même érotiques ! Une œuvre étonnante qui
ne ressemble à aucune autre et dont
l’identité
incontestable me séduit de plus en plus au fil de ses expositions…

Cela fait plusieurs années que je connais Sam, homme de charme et de sagesse, qui manie avec calme et maitrise l’ironie et le contrepied. Il ressemble à sa peinture. Ou
vice
versa.

Je ne veux pas parler ici à sa place. Je préfère supposer !


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J’ose donc supposer simplement qu’il pratique son art autant par le jeu de l’opposition du grand et du tout petit, le jeu des oppositions des matières (acryliques,
photographies, collages et « dripping, » ou des oppositions des formes, sujets, objets ou personnages…

J’ose supposer au moins que oui, son art est un jeu dont il se délecte !

Le spectateur en perçoit toute la maîtrise dans une sorte de narration dont chaque tableau est une pièce de son puzzle.  Spectateur
qui s’y « engouffre » dans une lecture qui ne lasse pas, tant à chaque regard se découvre avec étonnement ou amusement,  tel ou tel détail
qui était passé auparavant  inaperçu !


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Surprendre sans agresser…

A
65 ans, Sam je le sais, se sent libre dans sa création. Libre de faire, de penser, de choisir « son écriture , ses instruments ». Liberté d’un homme qui est venu sur le tard à la
peinture après une carrière de photographe… Il n’en est pas le premier : d’illustres exemples, de Jean Dubuffet à Alberto Burri ont démontré que la maturité peut être synonyme d’une œuvre
livrée enfin, mais déjà accomplie et comme en sommeil depuis longtemps dans l’inconscient de l’artiste.

Il y a une quinzaine d’années, la première reconnaissance de son œuvre passa par une exposition à la galerie Storme de Lille. S’en suivirent de nombreuses autres, à Paris,
Bruxelles et même Cracovie.

Il y a 2 ans déjà, une exposition à la galerie Dorval de Lille, qui présentait ses « bibliothèques » et quelques toiles inspirées par New York, connaissait un vif
succès.

Je suis certain que cette nouvelle exposition confirmera  qu’il est définitivement un véritable artiste, capable de surprendre à
chacun des « cycles » qu’il aborde !

 

 SAM APPOURCHAUX   –   7 février au 12 mars 2013

« Œuvres  récentes »

Galerie
Dorval

27 boulevard de la
liberté

Lille

 

 

KIJNO NOUS A QUITTE CE JOUR …

« Mes yeux sont comme le portail ouvert d’une cathédrale »

                                                         
Vladimir Vladirimovitch Maïakowski

                                                               

KIJNO1

 

Je ne crois pas en d’étranges coïncidences. Pourtant, parfois…

 
Je ne peux m’empêcher à mon tout dernier billet du 15 novembre qui évoquait alors la naissance heureuse de ce qui sera à présent
son dernier livre d’art : APOCALYPSE 2000 !

Je ne peux m’empêcher de penser qu’au moment de sa mort, se déroule une magnifique exposition à la galerie Dorval à Lille, ville
qu’il aime tant et où il effectua ses études de philosophie !

Je ne peux m’empêcher de penser à ses nombreux et nombreuses inconditionnels qui se sont empressés de le célébrer jeudi soir
lors du vernissage de cette exposition.

Je ne peux enfin m’empêcher de penser à la préface qu’il venait d’écrire dans APOCALYPSE 2000, où il finit par ces mots : «
…Ce livre est donc celui de l’amour et de l’espoir, de la résurrection et de la vie, piliers essentiels de ma spéléologie mentale, comme je l’ai exprimé par la suite dans la rosace de la
Cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille. »

Mais tous ceux-ci  ne sont que simples hasards d’un calendrier dont la nature n’anticipe guère de parfois concertantes
concordances !

Ladislas Kijno s’est endormi pour toujours cette nuit. Lui qui voulait que la mort, quand elle viendrait, puisse le prendre et
l’emporter en plein travail. Il aurait alors fallu pour cela, qu’il ne possède pas sa résistance exceptionnelle aux maladies qui l’ont tant et souvent défié ! Il possédait une telle force de vie,
une telle envie de « donner encore », que cet amour de l’existence dépassa même à regret son incapacité physique à pouvoir, au travers de ses doigts de plus en plus hésitants, continuer de
produire ses œuvres…

 

Les dernières années passèrent. Trop vite ! Je me souviens encore de ma visite dans sa jolie maison de Saint Germain-en –laye :
nous devions être au printemps 2004. La Fondation Demeures du Nord était encore toute jeune et il en fut d’ailleurs le meilleur conseiller, le véritable parrain !

Malou, sa magnifique épouse éternellement jeune et élégante, venait de son sourire, adoucir nos discussions animées qui allaient
du rire à la gravité…

  
Homme franc, sûr de ses convictions, amoureux de la vie et pourtant portant tellement en lui la souffrance de l’humanité ! Ses
combats furent si nombreux, dont l’un des plus célèbres fut son soutien dont il mérite l’adjectif de « fulgurant » envers Angela Davis dans les années 70. (Elle fut à cette époque, tout comme
Malcom X et Martin Luther King, l’une des plus grandes figures du mouvement noir américain, militante révolutionnaire, se battant pour l’égalité des noirs et des blancs mais également pour
l’émancipation des travailleurs. Elle fut condamnée à mort en 1972, et Kijno fut l’un des acteurs principaux d’une mobilisation internationale qui permit sa libération.)

Les années passèrent donc depuis ma première visite de 2004. J’y avais alors découvert son atelier aux trésors : je me souviens
encore de cette émotion que je gardais en moi tant cet endroit me subjuguait comme un enfant conscient qu’il visitait là avec chance « cet unique coin de paradis. » Son grenier…

 Ces années qui passent… Trop vite. Puis quelques dessins encore, quelques gros traits de feutres noirs qui
crissent sur une feuille blanche, et l’artiste s’en alla. Aujourd’hui. Surprenant malgré ses 91 ans, tant il paraissait intouchable !

 
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Immense artiste du 20ème dont l’histoire confirmera combien les mots de Picasso dont il avait à sa manière souligné le talent de
Kijno dans ses propos tenus auprès de Jacques Chancel, tellement pleins de vérités : « Un peintre de notre équipe mériterait une meilleure attention. Souciez-vous de Ladislas Kijno
qui ne froisse pas que des papiers. C’est un artiste puissant, un peu fou peut-être et trop enclin à philosopher. Si vous le voyez, conseillez-lui de se consacrer uniquement à la folie.
»


Son départ provoque déjà une immense émotion auprès de ses amis, de ses nombreux admirateurs, et je peste de ne plus entendre sa
voix rauque qui se voulait à la fois autant prévenante que généreuse dans ses conseils, et qui  résonne encore un peu plus en cette triste journée …

 

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L’EVENEMENT CULTUREL: APOCALYPSE 2000 PAR KIJNO…


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Je connais bien l’admiration –parlons même de fidélité- que portent Régis et Caroline Dorval à
Ladislas Kijno, ceci depuis tant d’années !

J’ai moi-même parfois parlé de cet immense artiste sur ce blog… Avec respect, enthousiasme, émotion, tant
l’homme ressemble à sa peinture qui, elle même, ressemble tant à cet homme !

L’homme et sa peinture…  Ils sont tous deux inclassables, inséparables !  Richesse, invention, et
surtout résultantes poétiques (parfois pathétiques) d’un voyage commencé dans les années 40, comme un long périple initiatique et philosophique, dont le monde entier aime à se partager les
œuvres…

Cette admiration donc que lui portent Régis et Caroline Dorval, les a conduits à éditer un  remarquable
livre d’art, signé, numéroté  et préfacé par Ladislas Kijno, limité à seulement 300 exemplaires sur le thème d’une œuvre majeure de l’artiste : APOCALYPSE 2000 «Illustrations de l’Apocalypse
de saint Jean ».


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Pour avoir eu la primeur de découvrir les premiers exemplaires de ces « portfolios » présentés pour chacun dans
un coffret classique toilé, accompagné d’un texte de Bruno Vouters, je ne veux pas manquer de vous le faire découvrir !

Les impressions sont exceptionnellement fidèles, au travers d’une quarantaine d’estampes 40cmX30cm… (Je ne doute
pas que beaucoup d’entre elles quitteront ce coffret pour, après l’ajout d’un bel encadrement, orner certains murs de votre maison…)

La Galerie Dorval a décidé de proposer dès maintenant ces magnifiques coffrets sous forme de souscription.
Heureuse idée puisque cette forme d’édition permettra à tous ceux qui voudront l’acquérir de le faire pour seulement 390€, avant qu’au 15 décembre 2012, il retrouve son véritable prix public de
490€ !

Les nombreux admirateurs du travail de Kijno, les collectionneurs particulièrement nombreux dans la région
(Kijno, né à Varsovie est arrivé dans le nord en 1925 alors qu’il avait 4 ans et a fait ses études de philosophie à Lille avant de s’installer définitivement dans la région parisienne depuis le
juste après-guerre), devraient faire de cette édition exceptionnelle un vif succès !

J’ai bien sûr décidé d’acquérir quelques exemplaires d’APOCALYPSE 2000 pour La Fondation Demeures du
Nord…


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Ce livre d’art sera exposé à partir du 22 novembre 2012 jusqu’au 8 décembre à la Galerie Dorval, au 27 bd de la
Liberté à Lille.

Cette exposition présentera en même temps une large sélection d’œuvres choisies de Kijno réalisées entre 1960 et
2001 !

…Comme l’une des plus importantes manifestations d’art de cette fin d’année !


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 Pour « refermer ce présent billet », voici la copie du texte que Ladislas Kijno a écrit spécialement pour
préfacer APOCALYPSE 2000. Un beau message d’amour et d’espérance en ce monde dont il a tant humé toute la difficulté de l’homme !



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« Voici réuni dans ce livre l’ensemble d’un travail que j’ai réalisé en 1978 dans les
conditions très pénibles.

Cette année là ma santé fut profondément menacée, au point qu’il était possible de prévoir le pire. Comme je
l’avais toujours fait dans mes nombreux séjours en sanatorium je me raccrochai intensément à la vie par la lecture et le dessin, mes seules activités alors possibles.

L’idée me vint de relire l’Apocalypse de Saint Jean, en pensant à la sublime tapisserie que Lurçat a
réalisée sur ce thème dans le chœur de l’Eglise d’Assy, où de mon côté.

Il m’avait été demandé de peindre une Cène pour la crypte.

J’ai mis comme titre « Apocalypse 2000 », non pas dans un sens millénariste d’une catastrophe de fin de
siècle – ce XXe siècle où tant d’horreurs et de génocides s’étaient accumulés – tout au contraire, j’ai eu l’utopie d’imaginer que l’an 2000 pourrait être la source d’où jaillirait l’espoir d’un
futur apaisé où l’amour vaincrait la haine, comme on peut le voir dans la tapisserie de Lurçat, avec la femme couronnée d’étoiles, enceinte de l’enfant-sauveur qui repousse le Dragon aux 7 têtes
menaçantes pour l’empêcher de continuer ses monstrueux ravages.

Ce livre est donc celui de l’amour et de l’espoir, de la résurrection et de la vie, piliers essentiels de ma
spéléologie mentale, comme je l’ai exprimé par la suite dans la rosace de la Cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille. »

KIJNO

 

rdorval@wanadoo.fr

 

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